Au fur et à mesure que je lis les ouvrages de Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, je deviens de plus en plus fan de cet auteure. Je viens de terminer la lecture de Ne pleure plus bébé ! qui aborde un sujet qui me tient à coeur : le fait qu’il n’est absolument pas nécessaire de laisser pleurer son bébé au contraire…
Je m’entends parfois dire que ma fille me manipule avec ses caprices, qu’il serait peut-être temps que je la laisse un peu pleurer la nuit afin qu’elle apprenne à "faire ses nuits" et à se rendormir seule, qu’elle est trop portée. Je me rappelle une remarque, elle avait alors à peine 6 semaines et il nous arrivait de lui faire faire un tour en voiture pour qu’elle dorme, il nous a alors été dit que nous allions nous "faire bouffer" à procéder ainsi…
A tous ces gens, proches ou moins proches, qui se permettent ce genre de jugements et remarques, j’ai envie de leur offrir ce petit concentré de bon sens qu’est ce livre. Et j’ai aussi envie de leur dire d’ouvrir leurs yeux et de regarder plus loin que le bout de leur nez. L’auteure nous rappelle, en effet, que dans beaucoup d’autres cultures, on ne laisse pas pleurer les bébés, pour quelque raison que ce soit :
"Dans la plupart des cultures traditionnelles, il est rare d’entendre les bébés pleurer : on répond systématiquement aux pleurs, voire on les prévient par toutes les pratiques de maternage "proximal" (allaitement à la demande, portage intensif, bercement…).
Laisser un bébé pleurer est considéré comme cruel, voire dangereux."
C’est un sentiment qui s’est imposé à moi naturellement, je ne supporte pas d’entendre ma fille pleurer. Avant sa naissance, j’avais un peu peur de ne pas l’entendre mais j’ai été surprise de constater que je me réveille au premier chouinement. Le livre en fait d’ailleurs mention, les pleurs du petit d’homme agissent physiologiquement sur l’adulte qui n’a qu’un seul objectif : les faire cesser. L’auteure précise une chose que beaucoup oublient :
"il y a toute une période s’étalant sur près d’un an, qu’on peut qualifier de "grossesse hors utérus", où le développement des systèmes nerveux, digestif, immunitaire,etc., se poursuit, et où le bébé est complètement dépendant de l’adulte pour sa survie et son bien-être [...].
Cette immaturité explique le grand besoin de contact physique qu’ont les petits d’homme, de jour comme de nuit. Une grosse majorité des pleurs vient sans doute du fait que ce besoin n’est pas satisfait."
Eh oui, l’évolution incessante de nos sociétés n’est pas sans répercussions sur le développement de notre espèce. Et la sacro-sainte société de consommation avec ses berceaux, ses chambres d’enfant, ses biberons, etc. n’a pas forcément que des bons résultats. On a, par exemple, fait d’une préparation artificielle à la base prévue pour pallier l’impossibilité d’allaiter, un produit de consommation courante. Quelles en seront les conséquences dans 10 ans ? 30 ans ? 100 ans ? Mais je digresse. Cet ouvrage en tout cas me permet désormais d’avoir de nombreux arguments à présenter à mes détracteurs dont celui-ci qui m’a tiré quelques larmes :
"Imaginez : vous êtes seul dans une pièce, étendu sur un lit, incapable de vous lever, vous avez faim, vous baignez dans vos déjections, vous appelez pour qu’on vous nourrisse, pour qu’on vous lave, pour qu’on vous touche. Et personne ne vient.[...] La détresse, le sentiment d’impuissance, la peur…que vous éprouveriez en tant qu’adulte [...] le bébé les vit décuplés, car il n’a pas encore la capacité d’anticiper. Pour lui, seul le présent existe, un présent malheureux, infini."
A un autre moment, l’auteure nous livre un extrait d’un ouvrage du Dr Jack Newman où il fait une habile comparaison entre les personnes qui vont consoler un chien laissé seul pendant que son maître vaque à ses occupations et celles -parfois les mêmes- qui vous conseilleront de laisser pleurer votre enfant ou laissent pleurer le leur. Et enfin, ce que je ne savais pas du tout et que j’ai trouvé édifiant :
"Si on laisse un bébé hurler tout seul pendant longtemps, son cerveau cesse de sécréter des opioïdes (des hormones qui procurent une sensation de bien_être), son taux circulant de cortisol (l’hormone du stress) s’élève énormément, les voies de transmission de la douleurs sont activées dans son cerveau comme s’il était blessé physiquement.
Ce mécanisme de réponse au stress où intervient le cortisol est appelé axe HPA. Et comme le dit Margot Sunderland, "un bébé angoissé présente un axe HPA très actif qui génère du cortisol en continu, pareil à un système de chauffage central qui se serait emballé. Consoler un enfant, c’est trouver l’interrupteur pour stopper ce processus. Des images IRM du cerveau montrent que le stress précoce peut causer une hyperactivité permanente de l’axe HPA".
Si les pleurs durent trop longtemps, le taux de cortisol peut atteindre un seuil toxique au-delà duquel les structures et systèmes essentiels du cerveau peuvent être endommagés."
L’auteure termine par une liste des pratiques possibles pour apaiser les pleurs du bébé -bien sûr cela s’applique pour un enfant qui n’a pas de maladie ou de problème particuliers- autrement dit : la succion, le portage, le bercement, le massage, l’emmaillotage, etc. Cet ouvrage est un excellent investissement -et rapidement amorti vu son prix- pour celles et ceux qui veulent en savoir plus sur l’origine et les conséquences des pleurs chez les bébés et pour celles et ceux qui veulent faire le plein d’arguments à rétorquer à tous ceux qui pensent qu’un bébé qui pleure "fait ses poumons".

Un billet qui complète bien ma participation aux VI
et d’ailleurs, très chouette première participation
Merci
Merci pour ce partage et, je trouve ça pas mal la dernière citation qui n’est vraiment pas à negliger…
Encore merci pour ce billet.
SAmia
De rien, oui vraiment bien ce bouquin !
j’aime !! je vais me procurer l ouvrage !! Merci
D.
Merci, je vais de ce pas m’acheter ce livre!