Voisinophobie

Depuis ma plus tendre enfance, je dois reconnaître que j’ai une propension certaine à haïr mon voisinage. Il faut dire que la vie en immeuble HLM durant une bonne grosse quinzaine d’années laisse des traces. Surtout lorsque votre voisine du dessous est une mémé à caniche, caniche qui aboie dès qu’une demi feuille morte passe devant la fenêtre ; votre voisine de palier adooore regarder la télévision et surtout se péter les tympans avec et celle du dessus est une sale conne aigrie qui passe l’aspirateur pendant une heure à 6h du matin, qui laisse pendre sa literie jusqu’au milieu de vos fenêtres et possède un mari rentrant régulièrement fin saoul chez lui (en même temps vu la femme qu’il se paye on le comprend) en gueulant comme un marchand de poisson ! C’est à ce moment que j’ai commencé à prendre de mauvaises habitudes : gueuler copieusement sur le dit caniche, faire exprès de monter les escalier comme si je portais des chaussures en parpaings et, au choix, arroser au pistolet à eau rempli d’encre de chine / découper au ras du haut de la fenêtre / faire des franges à la literie de cette chèèèèère voisine…

J’ai ensuite expérimenté divers modes de logements durant ma vie estudiantine à commencer par l’internat, sur ce point je n’ai rien à dire vu que la nana qui faisait chier le monde c’était moi. J’ai ensuite eu une studette coquette dans une petite résidence pour étudiants qui se trouvait régulièrement visitée par des bandes de casseurs et, lorsque les studettes coquettes se trouvent avoir tout un pan de mur en baie vitrée tu fais pas trop la maline et tu files t’enfermer à triple tour dans ta salle de bains-wc en croisant les doigts pour que les flics bougent leur popotin bleu marine ! J’ai pu aussi découvrir les joies des révisions avec fond sonore Thunderdome jusque 6 heures du mat’ et réveil par des packs de bières vides jetés sur mon balcon…ou…the must de la déco étudiante : la flaque de gerbi juste devant la porte de chez soi que quand tu sors sur ton balcon pieds nus boire ton café t’es juste trop contente de marcher dans des coquillettes mouillées à peine digérées !

J’ai eu aussi l’immense joie de tester la colocation, dans un pays étranger, pendant 1 année, avec des colocataires de nationalité, de sexe et d’âge différents : j’ai fini par prendre tous mes repas au Mc(cra)Do du coin pour éviter les prises de tête !!!

Et puis, grand changement, je me suis installée chez mon chéri, dans un petit quartier sympa, des voisins plutôt agréables et prévenants (si l’on passe sous silence l’alcoolique du numéro 3), je ne m’y fais pas, c’était devenu un réflexe, une habitude ! Là tout est à reparamétrer, enfin … jusqu’au prochain déménagement ! C’était trop beau pour durer, nouvel appart, nouvelles aventures ! Une voisine du dessus qui après plusieurs remarques de notre part quant à ses mégots qui atterrissent sur notre terrasse va jusqu’à installer son radio-réveil sur la fenêtre et le programmer quand je rentre du boulot…La guerre était déclarée et je suis vraiment pas la dernière quand il s’agit de jouer à la conne. Plus rafraîchissants, les voisins de palier … et de terrasse qui n’hésitaient pas à sortir nus sous leurs peignoirs…vive le vent breton…ou pas !!!

Autre temps, autres voisins, une maison en centre bourg, un fan de voitures anciennes au cerveau grillé par la fumée des pots d’échappements qui fait ronfler ses moteurs en pleine grasse matinée dominicale et une addict des blablas entre keupines rendues sourdes par les épaisses couches de fond de teint couvrant leur visages pour hurler à ce point alors qu’elles se trouvent à 20 centimètres les unes des autres !

Les voisins me hérissent le poil, me donnent la nausée, c’est plus fort que moi !

Et pis voilà, maintenant, ce n’est plus de la location, c’est du définitif (enfin pour le moment…) et mon chéri me dit (il a grandi en campagne) qu’il faudrait que je mette de l’eau dans mon vin car les voisins quand on habite le trou du cul du monde c’est bien pratique parfois, alors, à chaque fois que me monte l’envie très forte de tronçonner mon cher voisin qui vient de réveiller ma Poulette pendant sa sieste je me maîtrise, et je vais, sagement, boire l’apéro quand on nous invite mais là, se pose la question de la fête des voisins, avec cochon grillé et tout le toutim…Et dire que je ne peux même pas me saouler !

Je ne vous remercie pas Mr Atanase Périfan (remarquez avec un nom pareil…) !!!

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